L’arrogance des certitudes absolues nuit à l’effort collectif nécessaire en matière de développement durable

Voici une joute scientifique édifiante au travers de cet article :  http://www.francesoir.fr/societe-science-tech/le-rechauffement-climatique-un-leurre-escroquerie-climatosceptique-de-francois-gervais

que je tiens à commenter afin de mieux développer l’introduction de mon article précédent.

Attiser les clivages (notamment entre certains scientifiques) n’apporte rien au débat national.

En revanche, ce que rapporte cet article me semble être une aubaine pour rappeler que la science ne se limite qu’à modéliser la réalité (car la réalité nécessiterait, par nature, d’intégrer l’infinité des données qui la constitue pour prétendre démontrer quoique que ce soit).

La démonstration n’est possible qu’au sein d’univers théoriques renfermant artificiellement une exhaustivité de données en son énoncé (la démonstration est donc possible, par exemple, en mathématiques). En conséquence de quoi, la science ne produit que des modèles pour tenter d’appréhender la réalité : ceux-ci constituent autant d’indicateurs (qui ne seront utiles que s’il s’avèrent « pertinents » à l’épreuve d’une confrontation entre l’observation et la prédiction… et pour cela il faut un certain temps).

Ces indicateurs seront donc jugés pertinents, ou pas, le temps que l’observation le confirme (forgeant des convictions utiles et non des certitudes vaines), jusqu’à toute preuve observée du contraire. Ainsi, à tout moment, est permis (et règne) l’incertitude et le doute (sans, pour autant, empêcher d’alimenter par ces indicateurs le tableau de bord des décideurs pour leur permettre de piloter en fonction du degré de pertinence avérée qu’on leur accorde, ou du principe de précaution, de leur bon sens ou de leurs intuitions comme de conseils auxquels ils seraient attentifs). Or, aujourd’hui, on peut regretter de constater que cette analyse primordiale rappelant l’existence du doute permanent est occultée de la part de nombreux scientifiques (surtout lorsqu’ils commencent à sentir qu’une majorité est prête à approximer la conviction par de la certitude et la relayer en tant que telle, encouragés par les crédits engagés ou près de l’être et tout ceci les amènent parfois à en devenir méprisants à l’égard de ceux qui n’ont pas le même niveau de conviction).

Je m’inquiètes donc de lire que certains scientifiques dans cet article prétendent que d’autres « n’y connaissent rien » et de même en titre que l’ « escroquerie » vient des autres, car cela manifeste une cruelle carence d’humilité indispensable en science (tant elle permit et devrait permettre l’ouverture et donc l’avancée scientifique aussi bien qualitative que quantitative).

En l’occurrence, en matière de réchauffement climatique nous manquons encore de toute évidence au regard de la récence de la montée en puissance de cette inquiétude (proportionnelle à la toute aussi récente explosion démographique mondiale ignorée par la COP), malgré notre progression, d’un certain recul aussi bien en temps d’observation qu’en terme d’imagination de champs d’investigations (sans compter nos capacités infiniment limitées à pouvoir tout explorer), même si certaines convictions se raffermissent peu à peu et pourraient commencées à être confortées par un début d’observation: ne cédons pas à la pression politique économique et sociale qui ne saurait rien changer à ce fait. Ayons l’honnêteté de réaliser que la pertinence de ces indicateurs n’est au mieux qu’en passe d’être avérée. Je sais bien qu’on craint le défi de la course contre la montre, mais ignorer qu’au stade où nous en sommes le réchauffement climatique anthropique n’est encore qu’une thèse, potentiellement valable certes, mais rien qu’une thèse, nous empêche paradoxalement d’avancer vite et de la gagner. De même il ne choque personne aujourd’hui de parler de théorie de la relativité (« challengée » par de nouvelles approches bien qu’elle ait apporté à la science de la physique des modèles jusqu’ici pertinents dans d’innombrables cas, mais sans doute insuffisants pour d’autres). A croire que les scientifiques du GIEC s’imaginent plus performants qu’Einstein lui-même!

Sans introduire cet effort, nous courrons le risque d’une contradiction sociétale à vouloir, à juste titre protéger nos enfants au travers des programme de l’école de la République pour qu’ils aient les armes permettant de déjouer les pièges de la désinformation. Ce piège, en l’occurence est bien caché, plus pernicieux et propice à « grégairiser » nos sociétés..

Car si nous avancions plutôt au nom du principe de précaution, cela nous éviterait de freiner cette progression comme nous le faisons par 2 poids 2 mesures. Car en effet, en guise d’exemple frappant, il y a un cas connexe au développement durable que l on traite de manière diamétralement opposée actuellement: des modèles prédictifs démographiques prétendent qu’il n’y a rien à craindre du bond prodigieux (en cours) que vient de faire l’humanité en terme démographique. Ils nous découragent (dangereusement) d’avancer sur ce sujet même par simple précaution. Mais si on arrive à se mettre d’accord pour avancer sur la réduction du CO2 déjà au nom du principe de précaution (en l’absence d’indicateurs significativement avérés) on n’aurait alors plus de raison à prendre en compte la démographie au sein des COP par précaution également et pour avancer sur les 2 fronts unis.

Au contraire de cela, la COP refuse d’intégrer le cri d’alarme d’un certain nombre d’autres scientifiques qui demandent à ce que la problématique du développement durable ne soit plus restreinte à la problématique de réduction de CO2 et exigent qu’elle intègre au minimum l’étude de l’impact démographique. Alors pourquoi dans les faits la COP va-t-elle même jusqu’à s’interdire qu’on puisse trouver des solutions intégrant la démographie (si ce n’est qu’elle ne fait que suivre aveuglément les conclusions des modèles proposés par les scientifiques au mépris du principe de précaution ? Souhaite-ton réellement gagner en temps et en efficacité en toute collaboration, prêts à agir ensemble pour l’intérêt général ou sommes-nous juste les soldats d’une société qui cherche encore à nous cliver pour de simples intérêts privés?

N’oublions jamais que nous pourrions imaginer parvenir à réduire significativement notre CO2 qu’en concentrant uniquement nos efforts sur nos modes de productions/consommation (ce qui très est loin d’être gagné), nous courrions toujours un risque au moins équivalent pour avoir négliger l’aspect démographique et ne serait-ce qu’en raison de la déplétion de la finitude de nos ressources qui en découle. Ce n’est pas de la science mais juste du bon sens. Etonnant que des scientifiques prétendants être plus sérieux que les autres en développement durable ne relèvent pas ce point…

Entre l’arrogance de ceux qui déclarent avoir si tôt des preuves absolues (car scientifiques!) pour agir sur les modes de consommation et des profils similaires nous dissuadant au contraire de le faire en démographie : tout ceci va effectivement finir par ressembler (comme le dénonce justement François Gervais) à une mascarade d’intérêts qui ne servent pas uniquement et si sérieusement la cause qu’il prétendent défendre.

Comprenons par ailleurs que le contribuable se pose actuellement des questions face aux efforts qu’ils lui réclament plus ou moins directement…

Pour conclure : éclairons le débat national en exigeant que les sciences reprennent leur place notamment aux yeux de nos dirigeants: s’il nous faut un certain degré de convictions pour choisir d’expérimenter certaines voies et que les sciences nous apportent des indicateurs parfois précieux pour y contribuer, le futur devrait pourtant beaucoup mieux se passer de l’arrogance des certitudes absolues qui nous divisent.

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