Arrêtons de focaliser uniquement sur le CO2 et concilions plutôt le souci du développement durable avec celui d’obtenir très rapidement des fins de mois plus justes

Quand on prête attention à ce que nous rapporte le scientifique François Gervais dans cette vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=iK3G8wqqp_k

on se rend compte que, contrairement à (tout) ce que l’on nous rabâche : rien n’est véritablement établi concernant la question du réchauffement climatique (ni qu’il soit significatif au point de nous affoler, ni qu’il soit principalement attribuable à l’activité humaine).

De façon générale, on a tendance à oublier que la notion même de démonstration est un concept puriste qui ne s’applique qu’à des univers théoriques (habituellement mathématiques, qui renferment une finitude d’informations énoncées au sein même de tout problème posé) : sa transposition au monde réel est beaucoup plus hasardeuse.

Les sciences ne sont en effet capables que de proposer de quoi modéliser la réalité. Ainsi, les rapports du GIEC, par exemple, reposent sur des modèles prédictifs qui ont pour valeur de n’être que de simples indicateurs. Même si, parmi les modèles prédictifs, on y trouvera des indicateurs tout à fait valables, il faut les inscrire dans une démarche de découverte progressive de l’infinité des connaissances du monde réel (par l’observation), et les remettre régulièrement en cause.

Autrement dit, ces indicateurs ne font que de participer à la gestion de nos risques : on ne peut pas les tenir pour preuves au nom desquelles on réfuterait tous (ré)examens à la lumière de l’observation continue et de tout bon sens (instinct qui nous permet, par rapport à notre propre vécu, de faire la part des choses et d’éclairer les zones de doutes ou de vraisemblance, et finalement de faire avancer nos savoirs et la science elle-même…).

Sans cela, on risque d’assister à une société dangereusement grégaire qui colporte des fake-news, hypnotisée par ceux qui font parler leurs modèles sous la torture, relayée par ceux qui les exploitent à des fins plus ou moins personnelles, à commencer par une certaine presse de journaleux, sans parler de l’univers souvent nauséabond de la politique politicienne…

Assumons plutôt nos limites, tout en nous engageant suivant le simple principe de précaution lorsque nous estimons qu’il y a un risque, et arrêtons d’affirmer qu’il existe des preuves ou une maîtrise de sujets qui font intervenir tant de savoirs qui nous échapperont encore pour longtemps, notamment lorsqu’on touche à des mécanismes qui se jouent potentiellement, pour partie, à des échelles très éloignées de la nôtre (notamment solaire) : la progression de nos connaissances n’interdit pas l’humilité.

Pour autant, nous devons préserver la précieuse mobilisation autour du développement durable, mais d’une autre manière : au lieu de nous obstiner à focaliser autant exclusivement sur le CO2,  contre-proposons la gestion (de la finitude) de nos ressources planétaires que l’on peut aborder simplement aux travers de 2 facteurs principaux  :

– les modes de consommation/productions (à commencer par ceux des pays développés) qu’il conviendrait de refréner pour entrer en sobriété. Par une TVA « sociétale », par exemple, comme le propose l’UFC-Que-Choisir depuis plus de 10 ans, qui est une « modulation des taux en fonction de l’intérêt sanitaire et écologique des produits ». Elle responsabiliserait la consommation et ferait levier sur la qualité des productions, englobant ainsi de participer à limiter nos pollutions et nos rejets (parmi lesquels le CO2). Elle pourrait y parvenir à la lumière à la fois de ce qui ressort de l’état de l’art scientifique (confirmé, au moins temporairement, par des observations, le tout étant périodiquement réexaminé soumis à des choix démocratiques) mais aussi suivant le principe de précaution,

– les modes de reproduction qui conduisent l’humanité à une très récente et fulgurante explosion démographique dont il faudrait mieux s’assurer qu’elle soit bien sous contrôle

Pour pouvoir agir plus efficacement sur ce dernier facteur, il faudrait parvenir à dépasser les tabous associés par une approche plus éthique qui s’inscrirait au sein d’une coresponsabilité et d’efforts respectifs « Nord-Sud » en matière de développement durable et pour nous donner une certaine légitimité à prôner une politique incitative de régulation démographique, notamment là où l’explosion sévit le plus.

Nous devrions nous méfier que certains démographes ne fassent parler leurs modèles prédictifs sous la torture pour nous faire croire que tout est en passe de se réguler naturellement. Il serait plus sûr qu’ils contribuent à doter l’humanité d’un précieux outil de régulation démographique éthique qui serait activable pour nous garantir de parer aux pires éventualités, au nom du principe de précaution et de l’inertie à prendre en compte. L’enjeu étant de pallier au risque de perdre tout contrôle face aux conséquences additionnelles et inédites de l’explosion démographique en cours contre lesquelles l’humanité reste particulièrement démunie aujourd’hui.

Cela doit s’accompagner d’une prise de conscience accrue autour de l’impact écologique : autant nous l’avons concernant nos modes de consommation (même si nous peinons à trouver des solutions efficaces), autant nous semblons encore dans un certain déni concernant la problématique démographique. D’ailleurs, une étude suédoise récente (chiffrée selon elle) et publiée par l’AFP, rapportait que, de tous les combats à mener en faveur de la préservation de notre environnement, une simple naissance de moins permettrait (de très loin) la compensation de tous les autres efforts individuels réunis (que nous peinons à produire actuellement). La réaction à cette publication fût épidermique à la limite de la censure, et de manière absolument irrationnelle : certains n’hésitant pas à déformer les conclusions pour faire croire qu’il était préconisé de ne plus faire d’enfant, alors qu’il s’agissait simplement de rappeler de manière opportune, qu’en matière de développement durable, la démographie était un facteur incontournable et de suggérer de moins perdre de vue qu’1 vie de plus sur la planète (qui n’est pas toujours indispensable) c’est nécessairement toute la consommation et toute la pollution qui l’accompagne sur environ 75 ans en moyenne (quand bien même celle-ci ferait de gros efforts!).

A cet égard, ce n’est pas un hasard si la Chine et l’Inde sont aujourd’hui considérés comme le plus gros pollueurs sachant qu’ils furent le foyer historique de l’explosion démographique mondiale. Notre empreinte écologique individuelle (simple indicateur) étant pourtant plus élevée aux états-Unis et en Europe qu’en Chine ou en Inde! Il semblerait que la démographie peut donc être ou avoir été le facteur prépondérant (tandis qu’on voudrait souvent nous faire croire que seuls les modes de consommation sont en cause)! En prenant des disposition (malheureusement tardives et donc curatives et répressives) en matière démographique, ces pays ont évité le pire. Cependant, un nouveau foyer de cette explosion démographique mondiale apparaît au niveau du continent africain (plus particulièrement en zone sub-saharienne). Il faut espérer que nous tirerons cette fois la leçon de la Chine et de l’Inde en anticipant l’effort nécessaire en Afrique, et nous inquiéter de nous apercevoir qu’à la COP24, la démographie a été évincée, omnibulée (voire aveuglée) par le CO2, malgré l’appel de nombreux scientifiques en ce sens.

Pour bien imager les choses : les différentes COPxx ne font qu’annoncer nos intentions d’écoper le « bateau écologique qui sombre » et sans jamais songer à considérer « le trou dans sa coque » (que représente l’explosion démographique) ni de se soucier de le reboucher!

Ainsi, à l’heure où, grâce aux Gilets Jaunes qui ont manifesté leur désarroi (mais aussi leurs contradictions), une concertation nationale devrait être lancée mi-janvier 2019,

pour agir au sujet des modes de consommation/production, contre-proposons au « pouvoir d’achat » qu’ils réclament, un « pouvoir d’achat responsable » (il augmentera uniquement pour une consommation responsable et diminuera volontairement dans le cas contraire suivant une « TVA sociétale » qui le prévoit et de façon à provoquer l’entrée en sobriété de nos sociétés de consommation de masse).

Pour ceux qui penseraient encore que cet impôt est injuste, ils doivent savoir :

– que les socialistes eux-même (à l’origine de ce dogme) en sont revenus puisqu’ils ont été les derniers à augmenter le taux normal à 20% reconnaissant qu’on devait juger du dispositif fiscal dans son ensemble et non d’une mesure en particulier au sein de ce dispositif;

– mais surtout imaginer de réinventer la TVA sous une forme « sociétale » pour faire naître un « taux zéro » réservable aux plus démunis (porteurs d’une carte comme pour la CAMIF, mais sous condition de revenus) pour leur permettre d’accéder plus facilement qu’aujourd’hui (par des supermarchés « sociétaux » de nouvelle génération) à une large gamme de biens « nécessaires » (gamme étendue de celle de première nécessité incluant par exemple de la téléphonie sobre) produite en partenariat public-privé, réglementé par une charte, pour leur garantir d’être sobres, peu onéreux et respectueux de l’environnement.

Et pour soulager les classes laborieuses du racket qu’elles subissent actuellement au travers de l’imposition sur leur travail (IR), souhaitons débattre au sein de cette concertation de la possibilité de remplacer (progressivement) l’imposition des revenus du travail par cette TVA « sociétale » pour tenter, à cette occasion, de sortir (enfin) de cette logique insensée qui consiste à nous pénaliser sur le simple fait de travailler (alors que la société devrait au contraire honorer les travailleurs de cette contribution pour elle qui concoure économiquement au PIB de la nation et surtout à sa dignité), sachant qu’il se justifie davantage, à la place, de responsabiliser la consommation (par de la TVA qui est dès aujourd’hui l’impôt le plus rentable car se basant sous l’assiette fiscale la plus large, celle des consommateurs, donc de tous).

Par ailleurs, s’agissant de revaloriser les retraites : cette TVA de nouvelle génération pourrait être proposée à l’échelle européenne et nous pourrions suggérer d’en augmenter les taux de manière à pouvoir (progressivement et/ou partiellement) financer les retraites des travailleurs non plus uniquement par les travailleurs (comme aujourd’hui) mais donc, à terme, par la contribution de tous au travers cette TVA (un peu dans la même optique que la TVA « sociale » que proposait Le Président Sarkozy). Cela permettrait une revalorisation concrète à la fois du travail (moins de cotisations à payer) et des retraites (grâce à la combinaison assiette et taux globalement relevés) : cela reviendrait à ce que l’ensemble de la société honore le travail et ses travailleurs (au lieu de le pénaliser au travers d’un IR) en participant de sa rémunération au motif qu’il est utile à l’ensemble de la société. Le thème de la revalorisation du travail (retraites incluses) trouverait alors enfin concrétisation.

A la différence de la TVA « sociale », la TVA « sociétale » viserait, à la fois :

– une révolution en matière de justice sociale (redonnant un certain souffle au monde du travail pour l’honorer d’être le moteur de la société dans son ensemble), grâce à l’abolition de l’IR (maintenu uniquement pour les revenus du capital/financiers et pour les classes aisées considérant qu’elles tirent ces revenus plus de l’effet de marché que de leur travail à proprement dit) et à une répartition plus équilibrée des cotisations sociales

– et un tournant pour responsabiliser la consommation, faire levier sur les productions soit espérer en tirer une meilleure qualité de vie et favoriser le développement durable.

En outre, cette TVA « sociétale » serait l’occasion de s’affranchir de cette fuite en avant qui consiste à s’obliger dans les pays développés (notamment en Europe) à conduire des politiques natalistes ou faire appel à l’immigration (au risque de renforcer des soucis d’assimilation/intégration auquel nous avons déjà à faire face) pour permettre le paiement de ces retraites, alors qu’avec le financement (tout ou partie) par tous de la TVA « sociétale », nous devrions ne plus craindre de nous stabiliser voire de décroître légèrement démographiquement pour nous permettre de jouer sur ce facteur pour limiter à terme notre impact écologique.

Pour finir, concernant le facteur démographique, à partir du moment où nous démontrerons notre effort de préservation de l’environnement au travers cette TVA « sociétale », nous deviendrons alors beaucoup plus légitime et intelligible pour proposer un « Plan Marshall » de nouvelle génération pour accompagner et accélérer le développement des pays en voie de développement mais avec cette fois comme objectif assumé:

– de prioriser à accélérer ou provoquer leur transition démographique par un effort plus ciblé, plus efficace et plus intense (tous les démographes du Monde s’accordent à penser qu »il existe une corrélation très forte entre le niveau de développement des pays et leur autorégulation démographique), sinon, comme Macron tente de l’expliquer, à juste titre (même si, pris hors de tout ce contexte, la probabilité de percevoir ses propos comme maladroits, semblait inévitable), nos efforts de soutien au développement risquent d’être vaincus par la progression démographique et ses conséquences déjà observables!

– et d’éradiquer au passage l’extrême pauvreté, car cette fois, enfin, nous pourrions espérer que cette approche soit efficace (l’extrême pauvreté ne fait que diminuer en proportion et au passage elle se déverse dans la pauvreté qui, elle, est de plus en plus grande, le tout restant loin d’être éradiqué car il reste toujours près d’un milliard de personnes concernées par l’extrême pauvreté : vraiment pas de quoi relâcher nos efforts en la matière!)

Ce plan devient de toute façon une nécessité pour nous tous et pour laquelle nous devons innover, sans quoi, nous livrerons cette « bombe à retardement » à notre progéniture, et il n’est même pas exclu qu’elle ne nous explose plus tôt!

One thought on “Arrêtons de focaliser uniquement sur le CO2 et concilions plutôt le souci du développement durable avec celui d’obtenir très rapidement des fins de mois plus justes

  1. Cette idée de reporter l’essentiel de la taxation sur la TVA me semble excellente, elle permettra à la fois de soulager d’autres domaines taxés (le travail ou le capital) mais aussi sera plus juste car taxera chacun en fonction de son impact c’est à dire de sa consommation.
    Elle sera proportionnelle et c’est très bien. Elle permettra en outre de favoriser par des taux différents des secteurs plus ou moins impactant pour l’environnement et c’est bien la direction dans laquelle nous devons aller.
    Dernier avantage, et non des moindre, c’est simple et très loin de l’effroyable complexité fiscale qui touche toutes les activités et dont les salariés ne sont pas toujours conscients. Cette complexité a un coût que supporte l’ensemble de la société, il est bon de le faire baisser.
    Enfin bravo à l’auteur d’avoir le courage d’aborder la question démographique.

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