Sensibilisation au film « Demain » de Mélanie Laurent et Cyril Dion : pour aller plus loin ensemble

Je recommande l’excellent documentaire « Demain » sorti sur nos écrans depuis le 2 décembre 2015 et qui devrait être projeté pendant la COP21 : on y passe un moment passionnant, traité dans le soin de cultiver et partager du bon sens. Une précieuse pierre à l’édifice devrait certainement contribuer à améliorer le sort de l’humanité.

J’ai lu que si le film venait à faire des bénéfices, l’argent serait réinvesti pour mener « un projet qui continuera à changer notre société » : ce serait une bonne chose car sur le plan purement stratégique, il manque toutefois à ce documentaire de quoi nous garantir que ces solutions d’aujourd’hui ainsi répertoriées sont à-même de prendre une ampleur significative dès « demain ».

Autrement dit, s’Il a le mérite de nous révéler une grande part du potentiel pour notre avenir, au regard des enjeux qui nous entraînent dans une course contre la montre, l’espoir qu’il fait naître ne repose toutefois que sur la seule bonne volonté de chacun (écolonomie mis à part du fait qu’elle porte en elle la motivation d’en tirer des économies). Il reste donc à craindre qu’au mieux les choses auront changé « après, après…, après-demain » (mais ce sera peut-être déjà bien trop tard)!

Cela me rappelle cette étude du GIEC de 2014, pourtant très prometteuse, nous annonçant que « l’incidence sur l’évolution de la consommation mondiale d’une transition permettant une limitation du réchauffement à 2°C pourrait être de seulement 0,06 % par an ». Mais dans cet article plein de lucidité :  https://ecolonomie.wordpress.com/2014/05/01/vite-on-peut-encore-sauver-la-planete-pour-trois-fois-rien/ on nous met en garde que, malheureusement, les hypothèses retenues représenteraient un effort citoyen que nous ne sommes est pas prêts de voir « tomber du ciel » sans incitation concrète qui pourrait émaner d’une gouvernance mondiale (qui peine elle-même encore à montrer son efficacité).

Il faut donc booster les solutions présentées dans le film : les faire passer du moyen ou long terme au très court terme c’est-à-dire réellement pour « demain » comme l’extrapole le titre de ce film !

Alain Bazot (Président de l’association UFC-Que-Choisir) propose depuis une dizaine d’années déjà un tel booster au travers de la TVA sociétale qu’il a définie. Certain qu’il s’agisse du maillon essentiel manquant pour déclencher le changement de société suggéré dans ce film, notre groupe de travail s’honore d’en faire très largement écho au sein de ce blog depuis 2011.

Je ne vais pas rentrer dans les détails de la TVA sociétale que vous pourrez retrouver dans mes précédents posts mais, globalement, je rappelle quand même que la TVA sociétale vise à encourager économiquement toutes les initiatives qui iront dans le sens des solutions présentées dans le film (mais aussi d’autres) en modulant les taux en fonction de l’intérêt sanitaire et écologique des produits afin de générer des recettes permettant elles-mêmes d’accorder le soutien financier nécessaire pour aider les initiatives qui participeront à la transition vers un monde plus durable.

Qu’on le déplore ou non, c’est encore par le portefeuille qu’on décuple le mieux l’effet incitateur. Pour un changement de société rapide dans ce sens, si l’on veut rester réaliste, c’est juste incontournable !

Ce sera un impôt de substitution à la TVA actuelle permettant en outre de supprimer l’impôt sur les revenu du travail pour les classes populaires et moyennes : ce qui est de bon augure pour revaloriser le travail, et plus encore, pour remiser sur la valeur travail afin de nous affranchir progressivement de notre dépendance à l’emprunt et à l’ultra financiarisation issue d’une ultra-spéculation. Elle inclura une offre de base complètement détaxée qui permettra aux plus démunis d’avoir accès à toute la gamme de première nécessité (incluant la téléphonie et l’accès internet).

Cette mesure bannira la notion de pouvoir d’achat qui aboutit à la surconsommation pour la remplacer par celle du « pouvoir d’achat responsable » (concept qui pourrait s’avérer tout à fait révolutionnaire et marquer le tournant pour une consommation responsable) !

De plus, les montants générés par un tel impôt dont l’assiette est celle des consommateurs (et pour ainsi dire la plus large possible puisque tout le monde consomme), permettront en complémentarité des solutions locales décrites dans le documentaire d’imaginer également des solutions planétaires.

Voici un exemple (tiré du film) qui illustre bien la nécessité d’être sur les 2 fronts à la fois (local et global) : au début du film, l’explosion démographique mondiale est évoquée sans proposer de solutions par la suite à ce sujet. Il serait pourtant nécessaire de trouver moyen de contenir cette explosion (dont le pic est attendu pour 2050) : cela contribuerait à atteindre plus vite l’objectif de préservation de nos ressources naturelles en complément du changement de nos modes de production et consommation.

Et bien grâce aux recettes d’une TVA sociétale (solution globale), nous pourrions mettre en place le financement d’un Revenu Minimum de Co-responsabilité démographique conditionné à destination des populations des PVD (où sévit particulièrement cette explosion démographique) pour absorber le choc démographique attendu (pour ne jamais atteindre les 2,4 Milliards d’individus prévus en plus sur cette planète). Les projets Internets.org de Facebook et Google Loon de couverture internet sur ces PVD permettraient aux ayants droits de toucher leur indemnité via l’ebanking. Par ailleurs, cette injection de liquidité du Nord vers le Sud répondrait pragmatiquement à l’attente du Sud qui se fait entendre à la COP21 et cela aurait de multiples bienfaits pour l’humanité (et non des moindres) :

– accompagner et accélérer le développement des pays (éradiquer la faim et la grande pauvreté : le moteur de recherche Lilo entre autres initiatives ayant le même objectif…)

– réunifier une plus large partie de l’Humanité par une plus grande solidarité Nord/Sud et une coopération autour d’un projet de co-développement qui permettra de mieux faire face ensemble aux problématiques planétaires (gestion des ressources, des flux migratoires, ou encore lutter plus efficacement contre le terrorisme qui progresse sur nos divisions, comme le démontre encore tout récemment l’actualité).

Pour conclure : si Madame Laurent et Monsieur Dion veulent concrétiser le déploiement rapide des solutions répertoriées : notre groupe de travail a matière à leur proposer une collaboration pour transformer très pragmatiquement leur très bel essai !

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