De la hausse de la TVA pour tenter le sauvetage de la Grèce, à la promotion d’une TVA sociétale pour nous amener au sauvetage universel

Le cas de la Grèce est un « rhume » européen, quasi récurrent, qu’il convient de soigner. Et, inéluctablement, la solidarité et la TVA feront partie du remède.

Mais nous soigner de ce rhume ne nous dispense vraiment pas de nous intéresser et de nous soigner de notre cancer.

Notre cancer c’est notre individualisme latent, celui qui nous cache tout l’intérêt du lien universel. Avec pour point d’orgue, notre incapacité à maitriser l’explosion démographique mondiale (regrettant que ses tentatives de régulations, telles que la politique de l’enfant unique chinoise, versent dans le répressif et non dans l’incitatif) et ses conséquences désastreuses conjuguées à notre façon de produire et de consommer.

En effet, nous sommes passés d’1,8 milliards d’individus en 1920 à 7 Milliards aujourd’hui et nous serons dans un temps plus court, en toute vraisemblance (sauf évènement à ne pas souhaiter) bientôt environ 10 Milliards.

Nos ressources planétaires ne seront probablement pas aussi extensibles (et surement pas au même rythme).

Certains experts, pas tous, nous prédisent, au conditionnel, que cela devrait se stabiliser vers 2050, invoquant principalement la baisse du taux de fécondité mondiale.

Admettons que nous puissions faire confiance à ces prévisionnistes (qui ne s’accordent pas entre eux, faute d’éléments suffisamment rationnels à ces échelles, notamment de temps d’anticipation) : ils prévoient quand même d’arriver dans la seconde partie de ce siècle dans une fourchette comprise entre 9 et 15 Milliards (ce qui nous amènerait en hypothèse pessimiste juste à plus que doubler notre effectif actuel !). Cette fourchette suppose l’avènement d’une toute aussi hypothétique stabilisation qui ferait suite à pic attendu en 2050 car sinon on atteindra et pourra même dépasser à coup sur les 15 Milliards d’ici 2100… Que cela augmentera au moins jusqu’en 2050, c’est assez évident! Mais en quelle proportion? Et peut-on être sûr qu’il ne s’agisse que d’un pic (ce qui reste possible), la démographie en tant que science sociale et comportementale ne saurait nous donner de réelles garanties : il existe des exemples historiques qui ont déjà surpris bien nos prévisionnistes.

Alors qu’on nous rabâche déjà (à juste titre) que l’on met la planète au bord de l’asphyxie avec 7 Milliards aujourd’hui, il faudrait ne pas s’inquiéter de ces perspectives, sous prétexte d’une potentielle stabilisation et qu’on va changer nos comportements. Mais rien que parce que nous allons prendre au minimum un tiers de plus en 30 ans (l’hypothèse moyenne pour 2050 est de 9,5 Milliards) et connaissant notre inertie aux changements : personnellement, je ne trouve là aucune matière à rassurer, d’autant qu’à nombre constant, le mode de consommation, à l’échelle planétaire, va tendre à évoluer pour calquer celui de la zone la plus développée !

En effet, il est nécessaire d’écoper le « bateau écologique mondial qui sombre » avec des mesures écologiques, mais cela ne sera jamais suffisant si le trou dans la coque (que représente cette progression exponentielle de la démographie mondiale) continue de s’élargir. Il nous faudrait plutôt nous assurer, avant tout, de reboucher le trou dans la coque : c’est-à-dire trouver le moyen de maitriser notre croissance démographique, pour permettre, le cas échéant, de nous dépeupler ou de nous peupler selon les régions du Monde, et cela le temps nécessaire, mais de manière durable (par des mesures incitatives et non répressives).

Une solution face à ce challenge c’est l’organisation d’un plan nouveau « plan Marshall », financé grâce aux fruits qu’apporterait une TVA sociétale (expliqués dans mes post précédents).

En proposant un revenu minimum international à des foyers qui devront, en contrepartie et entre autres critères, se limiter, à un nombre d’enfants maximum mais évolutif en fonction du contexte spatial et temporel (sachant que l’explosion démographique sévit inégalement sur le globe et plus particulièrement dans des pays en voie de développement où les foyers ont tendance à compenser leur pauvreté par une natalité facteur de main d’œuvre et d’espoirs). Cette injection de liquidités dans ces zones doit permettre d’accompagner leur développement et de rendre notamment plus durable la maîtrise de leur démographie, de la même manière où elle est « naturellement » mieux maîtriser dans nos zones développées.

Cela apportera par des moyens incitatifs et non répressifs, une meilleure qualité de vie, plus durable pour tous les habitants du globe. Grâce à la TVA sociétale qui nous permettra une sortie de crise économique et sanitaire, ce revenu minimum international pourra marquer un tournant, l’avènement d’une solidarité à l’échelle mondiale et la capacité de l’humanité à gérer des enjeux planétaires pour sortir de la crise écologique et morale. Bref nous sauver de notre cancer !

Pour finir, aujourd’hui, l’Europe n’y pense clairement toujours pas : le concept de TVA sociétale, lancé par A. Bazot, est resté quasiment sans écho…pour le moment…

L’Europe a cependant l’intuition que la TVA fait partie du remède pour nous soigner : exemple Grec.

Mais comme cette TVA n’est aujourd’hui toujours pas « sociétale », elle n’est (et ne peut pas) clairement être identifiée comme Le remède.

D’ailleurs, augmenter la TVA sans la rendre sociétale, n’est pas souhaitable car elle peut s’avérer contre-productive comme l’a souligné A. Bazot (à cause de la non compensation d’une perte linéaire du pouvoir d’achat qui affectera surtout les classes les plus pauvres).

Dans le cas extrême où elle sert de garantie à un (troisième) prêt de plus de 80 Milliard dont la Grèce a besoin, elle est pourtant devenue nécessaire et urgente. Cependant, non sociétale, il est fort à parier que la hausse de leur TVA sera mal vécue par les grecs.

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