Merci pour ton éclairage Bill !

Comme le rapporte Atlantico.com dans son article que vous pouvez consulter en cliquant ici, Bill Gates plaide «pour la fin de l’impôt sur le revenu au profit d’une taxe sur la consommation perçue comme plus favorable à l’embauche. »

Ecoutez Bill Gates à ce sujet au travers de cette video en cliquant ici.

Il cherche à nous convaincre de « préférez taxer la consommation, plutôt que les revenus » : convergence de point de vue avec ce qui est défendu dans ce blog (voir posts précédents).

Il n’est pas anodin qu’une telle « référence » mondiale se charge de  remettre en cause l’imposition directe comme elle est conçue : c’est-à-dire rackettant les travailleurs. En tant que citoyens aux revenus modestes (en comparaison), nous sommes tellement asservis par le système économique, que nous avons quasiment perdu la capacité à prendre du recul par rapport aux sacrifices qu’il nous demande, et il parvient même parfois à exercer sur nous un véritable syndrome de Stockholm!

Compter sur les plus affranchis du système pour nous ouvrir les yeux n’est pas nécessairement compter sur les plus fortunés. La fortune n’aide pas toujours à retrouver la lucidité, c’est même parfois le contraire. Mais celle de Bill Gates a beau être la plus spectaculaire, on peut espérer y voir la conséquence d’une autre forme de richesse plus intérieure, celle dont nous sommes tous dotés mais que nous ne parvenons pas toujours à exploiter.

Ce qui caractérise véritablement l’homme c’est qu’il semble soucieux des autres, des relations entre nous et de la contribution authentique que nous apporterons et laisserons.

Vivement critiqué, à tord (jalousie) ou à raison, ce n’est probablement pas un homme parfait, d’ailleurs j’imagine que dans certaines affaires telles que le microsoft gates ou encore la course au vaccin contre le paludisme, il y a des choses perfectibles voire discutable, mais de là à « jeter le bébé avec l’eau du bain », personnellement je veux faire la part des choses et je veux croire en la noblesse de ses intentions.

Ce que nous apporterons et nous laisserons de notre passage est essentiellement notre contribution authentique. L’argent devrait uniquement nous servir en nous aidant à réaliser cette contribution authentique par nos efforts, notre travail, et ne devrait pas nous asservir!

La revalorisation de cette contribution authentique qu’est notre travail (thème de ce blog) doit passer par des mesures qui remettent l’argent, et donc la finance, à leur place.

Pour vous convaincre, Bill Gates reprend un argument déjà évoqué dans les posts précédents, en évoquant « la réduction croissante de la part de l’emploi dans une économie moderne amenée à se robotiser ».

C’est-à-dire qu’une assiette fiscale qui reste autant basée sur la production est un non-sens économique. En corollaire, une assiette fiscale insuffisamment basée sur la consommation est un non-sens sociétal et moral.

1€ d’impôt direct ne s’accompagne d’aucune garantie. Par contre, payer des impôts dits indirects soit au moment de votre consommation implique que chaque € qui entre dans les caisses de l’état accompagne l’acte de consommation :  si celui-ci devenait responsabilisé par de la TVA sociétale, vous obtiendrez la garantie de participer aussi bien à la relance économique par la consommation (et notamment en favorisant l’économie locale), mais aussi à l’amélioration de votre qualité de vie et de celle de votre environnement.

Les contribuables ne sont pas de vaches à lait, ils doivent d’autant plus exiger des garanties qu’ils savent que leurs impôts servent au final tout juste à rembourser une grande partie de nos dettes et nous entraînent vers des perspectives de reprises économiques bien hasardeuses.

On peut donc s’interroger au nom de quelle efficacité, il faudrait continuer à racketer tous les travailleurs par des impôts directs dans le simple but de remplir les caisses de l’Etat alors qu’au final cela démotive l’effort à moins qu’il ne devienne clandestin (ou « au noir » ou « illégal »). D’ailleurs, remplacer les impôts directs par des impôts indirects serait une façon radicale de déjouer la clandestinité du travail et les inégalités qui l’accompagnent.

Les caisses de l’Etat peuvent tout aussi bien être remplies au moment de l’acte de consommation, c’est d’ailleurs déjà par le biais de la TVA actuelle, qu’elles se remplissent le plus actuellement. La seule observation (et non des moindres) est double :

– d’une part ces impôts indirects ne peuvent donner des garanties que sous le mode « TVA sociétale » suggérée par le Président de l’association de consommateurs UFC-Que Choisir (A. Bazot) : voir mes post précédents sur le sujet.

– d’autre part : cette « TVA sociétale » a elle-même pour pré-recquis d’abolir, en s’établissant, les impôts sur le revenus du travail des classes populaires et moyennes (voir mes post précédents).

L’Etat doit donc innover en ce sens : au lieu de se contenter de collecter et redistribuer, il doit devenir incitatif.

Et laissez-moi vous préciser en quoi le transfert vers la TVA sociétale est une innovation fiscale parfaitement incitative…

Globalement, parcequ’ il incitera la production et la consommation à suivre un nouveau modèle de société qui orientera les producteurs à produire plus sainement et les incite à développer des filières propres.

Plus précisément, il responsabilisera les consommateurs en leur faisant prendre conscience de l’impact de leur consommation et en les incitant à prendre une part plus directe au financement du coût de gestion de la pollution que leur consommation engendre (on doit avertir le consommateur de la nocivité potentielle de l’ensemble des produits qu’on lui propose, et ne plus se limiter à quelques cas comme le tabac).

En même temps, il sera incitatif pour l’emploi. Non seulement parce qu’il vous encouragera au développement de filière propre, mais aussi parce qu’en supprimant l’impôt sur les revenus du travail, il rendra plus attractif le travail et, par conséquent il favorisera le retour à l’emploi (c’est une incitation à davantage de contribution authentique).

Enfin, permettant aux travailleurs de disposer de revenus plus conséquents pour consommer, il vous incitera à la relance économique.

Volontairement, et de façon tout à fait révolutionnaire, ce projet de société mettera un terme à l’inlassable promesse non tenue d’augmenter votre pouvoir d’achat (un leurre qui nous aura fait tourner en rond pendant des décennies de crise).

A la place, c’est l’avènement d’un nouveau concept qui nous attend : notre « pouvoir d’achat responsable ». Je prends le pari qu’il s’agit de l’une des révélations sociétales majeures de ce siècle en devenir et la déclaration de Bill Gates en est juste l’intuition qui couve.

Pour finir, je corrigerais juste l’intention de Bill Gates en proposant de supprimer l’imposition sur les revenus du travail uniquement et des classes moyennes et populaires uniquement (les niveaux de revenus du travail des classes aisées n’étant pas atteints par le seul effort au travail mais part un effet de marché) : j’espère bien qu’il serait d’accord 😉

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